Étiquettes de réparation, pièces détachées et assistance plus longue pour les smartphones et les tablettes à partir de juin 2025 – mais nous avons besoin de plus de modèles réparables
20 juillet 2025
Les batteries ont une durée de vie limitée. Il est essentiel de s'assurer qu'elles sont amovibles et remplaçables pour prolonger la durée de vie des produits au-delà de la durée de vie utile d'une seule batterie.
Photo: Right to Repair design
20 juin 2025
Auteur : Cristina Ganapini
Traduction francophone par Repair Together, retrouvez l’article original sur REPAIR.EU
L’entrée en vigueur de nouvelles règles européennes introduisant des exigences minimales de réparabilité et des scores de réparation pour les smartphones et les tablettes marque une étape importante vers l’amélioration de la circularité du secteur. Toutefois, les pressions de l’industrie ont réussi à bloquer des mesures plus ambitieuses qui auraient garanti une véritable réparabilité par l’utilisateur. La coalition Right to Repair Europe reste déterminée à faire pression pour des droits plus forts et des pratiques plus équitables.
La bonne nouvelle : nous nous rapprochons des dispositifs d’une durée de vie de 7 ans et il y aura plus de transparence sur la réparabilité lors de la vente.
Le règlement apporte des développements prometteurs. Les fabricants devront donner accès aux informations sur la réparation et l’entretien, ainsi qu’aux pièces détachées, aux réparateurs professionnels et aux utilisateurs finaux pendant au moins sept ans après le retrait d’un produit du marché. Les mises à jour logicielles devront être disponibles pendant au moins cinq ans.
En termes de durabilité, les smartphones doivent désormais résister à au moins 45 chutes accidentelles sans perdre leur fonctionnalité. En outre, les batteries doivent conserver au moins 80 % de leur capacité initiale après 800 cycles de charge.
À partir du 20 juin 2025, un nouveau label énergétique européen sera introduit pour les smartphones et les tablettes. Pour la première fois, cette étiquette évaluera non seulement l’efficacité énergétique, mais aussi la fiabilité, la durabilité et la réparabilité. Si cela devrait permettre d’orienter les consommateurs vers des appareils plus durables et plus réparables, nous regrettons que l’étiquette n’inclue pas le coût des pièces détachées. Cet élément est inclus dans l’indice de réparation français – qui est maintenant aboli pour les smartphones, comme il le sera pour tout produit couvert par un label de réparation européen à l’avenir – et est crucial pour une véritable sensibilisation des consommateurs.
Des obstacles subsistent : le coût, les verrous logiciels, la possibilité de remplacer l’écran et l’accès limité aux pièces détachées.
Malgré les progrès accomplis, de nombreuses occasions de progresser de manière significative ont été manquées.
Le coût des pièces détachées constitue une préoccupation majeure. Selon les nouvelles règles, les fabricants ne doivent fournir que des prix indicatifs hors taxes, ce qui signifie qu’ils ne sont pas tenus de s’en tenir aux prix déclarés. Il s’agit là d’une occasion manquée d’assurer une réelle transparence sur les prix des pièces détachées. La coalition Right to Repair Europe continuera à plaider en faveur d’une tarification équitable et de scores de réparabilité plus précis, notamment lors de l’élaboration des futurs indices de réparation pour les ordinateurs portables et d’autres appareils.
Un autre problème important est la poursuite de l’utilisation de l’appariement des pièces, une pratique logicielle qui limite les réparations en liant des composants individuels à un appareil spécifique. Cette pratique permet aux fabricants de bloquer les réparations indépendantes ou de désactiver certaines fonctionnalités si des pièces qui ne sont pas d’origine sont utilisées. Bien que nous ayons demandé une interdiction totale de cette pratique, elle reste autorisée par le nouveau règlement. Une fois les règles en place, tout remplacement de composants clés nécessitera que les réparateurs professionnels notifient le fabricant et demandent une autorisation de réparation. Cela limite la capacité des utilisateurs finaux et des professionnels de la réparation à utiliser des pièces non OEM et peut réduire la fonctionnalité des composants remplacés.
Le règlement impose aux fabricants de mettre 15 types de pièces détachées à la disposition des réparateurs professionnels. Toutefois, seules cinq pièces seront accessibles aux utilisateurs finaux et aux initiatives de réparation communautaires telles que les repair cafés. Cette liste exclut des composants importants tels que les appareils photo et les connecteurs audio externes. En outre, si les fabricants respectent certains seuils de durabilité pour les batteries, ils ne seront pas tenus de les rendre accessibles aux consommateurs.
Un résultat particulièrement décevant concerne la réparation des écrans. Alors que les écrans doivent toujours être mis à la disposition des utilisateurs finaux, une correction de dernière minute signifie qu’en fin de compte, ils n’ont pas besoin d’être remplaçables par l’utilisateur avec des outils de base, comme c’était le cas dans le texte voté et publié à l’origine. Au lieu de cela, les exigences finales – plus souples – imposent simplement que les professionnels puissent les remplacer à l’aide d’outils disponibles dans le commerce (qui pourraient très bien être assez coûteux), dans le cadre d’un atelier. Ce changement nuit à l’accessibilité et maintient essentiellement le statu quo, ce qui est loin de favoriser une véritable innovation en matière d’écoconception.
Malgré ces revers, il est important de rappeler que ce règlement n’aurait pas vu le jour sans les efforts incessants de notre coalition, de ses partenaires et de ses sympathisants. Bien que nous nous réjouissions de son entrée en vigueur, notre travail est loin d’être terminé. Il sera essentiel de suivre de près sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne la conformité et l’impact sur le monde réel. Certains changements devraient être visibles immédiatement : les étiquettes de réparabilité devraient être affichées sur tous les modèles existants disponibles dans les magasins, même ceux commercialisés avant le 20 juin 2025, et les fabricants devraient déjà publier en ligne des listes de prix indicatives pour les pièces détachées.
Ces nouvelles règles relèvent du règlement sur l’écoconception (UE) 2023/1670, qui s’applique aux téléphones cellulaires, aux téléphones sans fil et aux tablettes. Parallèlement, la Commission européenne a publié le règlement délégué (UE) 2023/1669, qui établit des exigences en matière d’étiquetage énergétique. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site suivant : Exigences d’écoconception pour les smartphones et les tablettes (acte correctif au règlement (UE) 2023/1670)